Maël Hardy, notre nouveau chef de culture

Maël, tu as rejoint Chêne Bleu en février 2021. Quel a été ton parcours ? 

J’ai toujours été attiré par la Nature, et mon premier choix de carrière a été le paysagisme. C’est une rencontre pendant mes années lycée qui a insisté pour que je fasse également un stage en viticulture. Et il a eu raison ! Ce stage a eu lieu en Mars au moment de la taille, et la vision de cette vigne qui pleurait m’a immédiatement séduite. Cependant, il a fallu quelques années avant que je ne sois conforté réellement dans mon choix.

Natif du Val de Loire, j’ai commencé par un BTS viticulture œnologie en formation continue à Tours qui, il faut l’avouer, a été frustrant pour moi car, malgré des périodes de stages, cela manquait de concret. Alors, pour forger mon expérience, j’ai travaillé pendant deux années dans le Val de Loire. Avec ce bagage, j’ai repris ensuite un BTS viticulture œnologie en alternance dans le Layon et en Anjou. Suite à cela, j’ai travaillé au lycée viticole d’Orange où j’ai eu l’opportunité à la fois de rôder la pratique liée à la partie viticole et de développer un côté pédagogie en enseignant pour les formations adultes. Une nouvelle opportunité s’est présentée ensuite pour un domaine sur Châteauneuf-du-Pape, une expérience enrichissante au sein d’une bonne équipe. Au fur et à mesure, j’ai ressenti l’envie de mener à bien un projet viticole dans son ensemble et c’est ainsi que je suis arrivé à Chêne Bleu.

A 31 ans, c’est un beau bagage ! Je suppose que toutes ces expériences ont permis d’affiner ta vision de la viticulture ?

Ma vision est plus liée à mes envies, elle n’est pas encore parfaitement « établie ». Je suis toujours sensible à la Nature et cela se traduit par un travail qui respecte les sols, de la faune et de la flore, dans une logique de qualité. 

Cette vision va être appliquée à Chêne Bleu je suppose, que souhaites-tu apporter ?

Bénédicte a fait un travail titanesque de restructuration et de développement sur ces vignes ! Je suis admiratif de tout ce beau travail et je me rends bien compte de combien elle et Patty ont dû donner de leur personne, mentalement et physiquement, ces vieilles vignes requièrent du vrai travail sur mesure, chacun a sa propre histoire à raconter. Je vais m’efforcer de continuer dans cet esprit, ajoutant ma touche personnelle. Evidemment, il faut s’inspirer de ce qui a été fait et des innovations. La pertinence des choix liée aux différentes zones du vignoble est un atout évident pour moi et pour la suite du projet.

En ce moment, je suis très attentif à une taille respectueuse des flux de sèves, surtout les premières années lors de la formation de la vigne. On va chercher à éviter les plaies mutilantes qui sont susceptibles de provoquer, entre autres, la mortalité du cep.

Je me penche aussi sur les tisanes, décoctions etc… dans le but de limiter les intrants. Il y aussi la plantation de haies, l’agroforesterie qui peuvent être intéressantes à Chêne Bleu, cela permettra de faire le lien avec la forêt autour du domaine, les surpopulations d’insectes et les maladies. Même si nous avons la chance de n’être que peu touchés par les maladies du fait de l’altitude, c’est-à-dire peu de pluie et peu de brouillard et donc moins de champignons.

Tout ce qui est lié au travail du sol m’intéresse énormément, je réfléchis en ce moment aux engrais verts que nous pouvons utiliser. L’idée du paillage est aussi à l’ordre du jour, pour permettre de protéger le sol et dont la dégradation est plus lente.

Pourquoi pas se tourner vers la traction animale d’ailleurs ? Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire avec le potentiel des vignes du domaine. 

Comme tous les métiers du monde du vin, tu n’as pas de journée type. Peux-tu néanmoins me dire ce qui rythme tes journées ?

Eh bien, oui, difficile de donner une journée type ! Je vis au rythme de la vigne ! 

Il y a une grande part d’observation, pour déterminer les choses qui seront prioritaires. Tout se prévoit au moins un mois à un mois et demi à l’avance, la planification et l’anticipation sont des choses très importantes. A différentes périodes du cycle de la vigne, il faut évidemment réaliser les travaux manuels et mécaniques, entretenir, renouveler le matériel dont nous avons besoin. A côté, je pense toujours aux façons dont je peux améliorer telle technique ou tel procédé.

As-tu des vignerons en exemple ?

Je ne vais pas être objectif !

Clos Cristal, la famille Foucault (Clos Rougeard jusqu’en 2015), Dominique Joseph (Petit Saint Vincent), Marc Penavayre (Château Plaisance).

Un vin préféré ?

C’est comme demander quelle musique l’on préfère, il n’y en a pas qu’une ! 

Ta dernière émotion alors ?

J’ai bu un Chassagne-Montrachet de Marc Colin et Fils en famille qui m’a bien marqué. Après, la dégustation est subjective car elle est liée au moment présent et aux ressentis personnels.

Terminons, j’ai envie de te demander. Quelles sont les 3 choses qui font que tu te lèves le matin ? 

Est-ce qu’on a vraiment le choix ? rires

Plus sérieusement, j’aime mon travail, le cadre de travail est idyllique et me permet de mener des projets à bien. Que demander de plus ?

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